L’industrie papetière cherche des investisseurs

La France a perdu 600.000 tonnes de capacité de production de papier et carton en 2011.

«Les chiffres 2011 de l’industrie papetière montrent que l’outil industriel français décroche». Le constat de Jean-Marc Louvet, président de Copacel, le syndicat professionnel du secteur, est sans concession.

L’année 2011 a effectivement été marquée par un recul de 3,2% de la production de papier et carton en France, à 8,55 millions de tonnes. En Europe, la baisse n’était que de 1,3% sur dix mois.

Dans le seul secteur de l’emballage, la consommation en France a augmenté de 1,3% l’an dernier. Pourtant, la production s’est contractée de 2,5%, à 3,94 millions de tonnes.

Les usines locales ne sont donc pas parvenues à satisfaire la demande. Il est vrai que huit entreprises ont fermé l’an dernier en France, représentant 600.000 tonnes de production annuelle. Et quatre autres sont en phase de fermeture en ce début d’année, faisant grimper le manque à gagner en matière de production à un million de tonnes. «Fermetures ou restructurations font partie de la vie économique normale, précise toutefois Jean-Marc Louvet. Le problème actuel est que ces pertes de capacités ne sont pas compensées par de nouveaux investissements majeurs.»

La production allemande s’envole

Un constat d’autant plus frustrant que la concurrence ne provient pas de pays à faible coût de main-d’œuvre. C’est en effet l’Allemagne qui est le principal fournisseur de la France. Plus de 24% de nos importations viennent d’outre-Rhin.

Ces dernières années, de nouvelles usines s’y sont implantées. Et c’est l’outil de production qui permet de gagner de l’argent dans l’industrie papetière. «Ces investissements ont été largement soutenus par les pouvoirs publics allemands, se désole Stéphane Thiollier, vice-président de Procelpac, qui regroupe les entreprises spécialisées dans l’emballage. Conséquence: la production allemande dans l’emballage s’est envolée de 53% depuis 2000 quand a reculé de plus de 14% en France.»

Des investissements qui font cruellement défaut de ce côté-ci du Rhin. Aujourd’hui, la France dispose pourtant de plusieurs atouts pour attirer les investisseurs. Avec ses forêts et une industrie du recyclage performante, elle a facilement accès à la matière première. De plus, son énergie est plus compétitive que celle de ses voisins immédiats. Reste à convaincre les investisseurs. «Les rigidités sociales françaises représentent un frein réel lorsqu’il s’agit de convaincre des actionnaires souvent étrangers de lancer des investissements dans l’Hexagone» constate Jean-Marc Louvet.

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Baptiste

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01 2012

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